Rencontres 2025 : Retour sur la plénière d’ouverture


Le programme

Il était articulé autour de quatre grands axes :

1. Faire face au temps présent
Comment résister à la marchandisation et à l’instrumentalisation des lieux ?
Comment maintenir des pratiques ouvertes, émancipatrices, coopératives, dans un climat social qui encourage parfois le repli ?

2. Propriété et communs
Beaucoup de lieux visent le commun, mais recourent aujourd’hui à des formes de propriété pour garantir leur pérennité.
Comment naviguer dans cette tension ? Comment se situer par rapport aux cadres juridiques, fonciers et politiques qui structurent nos territoires ?

3. La question du soin
Certains lieux sont fragilisés, menacés, parfois proches de la fermeture.
Cette édition interroge la manière dont nous prenons soin des lieux : non seulement pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils permettent entre nous.
S’y ajoutent les questions, plus larges, du soin au vivant, aux personnes et aux relations.

4. La fin, les fins
De quoi le moment que nous vivons est-il la fin ?
Et comment adapter nos stratégies, nos résistances, nos manières d’agir pour que nos lieux restent pertinents et vivants dans cette période d’incertitude ?
Ces thèmes traversent toute la programmation, entre plénières, ateliers, contributions libres et discussions informelles.


Des intervenants ancrés dans les réalités sociales et territoriales

La plénière d’ouverture a réuni quatre intervenant·e·s dont les expériences éclairent, chacune à leur manière, les défis contemporains des tiers-lieux.

Margault Le Haziff – DIDA / BAM

Margault a présenté le BAM, structure hôte des Rencontres, et les enjeux qui façonnent aujourd’hui ce lieu d’expérimentation sociale et culturelle.
Son intervention a mis en évidence les ponts entre l’histoire du BAM, ses défis actuels et les grandes questions portées par cette édition : ancrage local, justice sociale, participation, hospitalité.

Priscilla Zamord – Front de Mères / Verdragon

Déléguée nationale du Front de Mères, Priscilla est revenue sur l’aventure de Verdragon, lieu d’auto-organisation situé à Bagnolet et né dans un contexte de luttes contre les discriminations subies par les enfants des quartiers populaires.
Une vidéo projetée en plénière a donné à voir le quotidien du lieu, ses dynamiques collectives et son engagement auprès des habitants.
Son témoignage a ouvert un dialogue fort entre quartiers populaires et campagnes, mettant en lumière les continuités entre luttes sociales urbaines, pratiques rurales et enjeux paysans.

Pierrick Rigal – La Ferme en Cavale

Pierrick a présenté La Ferme en Cavale, un lieu d’éducation populaire dédié au lien entre enfants, nature et agriculture paysanne.
Son intervention a offert une lecture précise des réalités rurales : transformations de l’agriculture, tensions foncières, fragilités des campagnes, mais aussi forces de mobilisation et créativité des initiatives locales.

Yoann Michel – Fédération des centres sociaux

Pour clore la plénière, Yoann, de la Fédération des centres sociaux, a apporté un regard analytique sur les « temps présents ».
À partir de ses recherches sur les relations entre intime et politique, il a évoqué les pertes d’ancrages que traversent nos sociétés et la manière dont les lieux, les collectifs et les pratiques sociales tentent d’y répondre.
Son intervention invitait à prendre du recul, à identifier ce contre quoi nous résistons et ce que nous cherchons à préserver.
Une ouverture qui donne le ton
Cette plénière d’ouverture a posé les bases des Rencontres : un moment de réflexion collective, de circulation des expériences, d’exploration politique et de mise en commun.
Entre enjeux urbains, dynamiques rurales, pratiques sociales et enjeux de propriété, les intervenant·e·s ont esquissé une cartographie vivante des défis qui traversent aujourd’hui les tiers-lieux.